Essai | Lada Niva

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11 oct. 2012, Newsletter

EurotaxGlass's - Oct 2012

Apparu en 1978, le Lada Niva est devenu, 35 ans et deux millions d’unités plus tard, un véhicule intemporel. Pour fêter dignement son anniversaire, il s’offre une série spéciale baptisée Tsarina. En 9évoquant les fastes de la Russie éternelle, elle veut avant tout élargir le spectre de la clientèle.

Au fil du temps, le Niva s’est taillé une réputation qui ne se dément toujours pas : celle d’un tout-terrain fiable, économique et passant pratiquement partout. Et si son aspect extérieur a peu changé depuis l’origine, il a tout de même su évoluer au fil des ans sans perdre cette rusticité qui fait son charme et garantit son efficacité. Ainsi, l’actuelle version M, apparue en 2009, a bénéficié de 250 modifications techniques. Mais il faut se dépêcher d’en profiter : à l’instar d’une autre légende, le so british Defender, le Niva va devoir changer radicalement pour faire face aux nouvelles normes. En 2015, nous devrions voir arriver un remplaçant qui, bien qu’utilisant pour l’essentiel sa base technique, sera tout de même un véhicule différent.

En attendant, il faut déjà cesser de l’appeler Niva. En effet, Lada s’est ému de constater que, sur certains marchés, « Niva » était pratiquement devenu une marque en soi, éclipsant celle du constructeur. Il a donc décidé de mettre sous le boisseau ce nom mondialement célèbre pour appeler désormais le véhicule « Lada 4x4 ». Qu’on se le dise donc : il n’y a plus de Niva chez Lada ! Un oukase qui devrait rester lettre morte chez nombre d’utilisateurs et de passionnés...

Mais qui achète aujourd’hui des Niva - pardon, des Lada 4x4 - en France ? Ce sont essentiellement des chasseurs, des cultivateurs, des forestiers, des montagnards, des passionnés de 4x4... Tous gens pour qui l’efficacité et le budget priment sur toute autre considération. Une belle reconnaissance des qualités du véhicule mais qui consacre l’absence de tout un pan de la clientèle habituelle des petits 4x4 : peu de citadins, peu de femmes... Alors, pour tenter de faire de son 4x4 un véhicule « tendance », Lada joue ici la carte du look et d’un certain raffinement. La série Tsarina - une initiative de Lada France - reçoit ainsi une sellerie cuir bicolore, des jantes en alliage, des marchepieds latéraux, une nouvelle console centrale, un habillage des prises d’air et, surtout, une livrée spécifique (avec toit façon carbone) qui, pour certaines couleurs, fait appel au covering, c’està- dire la couverture de la carrosserie par un film adhésif garanti dix ans dont la pose - soignée - est assurée par la société Net’Cars. Sans oublier un catalogue d’options et d’accessoires assez fourni. Les concepteurs soviétiques du Niva n’auraient sûrement jamais imaginé que leur création puisse un jour être la proie d’une telle « dérive petite-bourgeoise » !

Mais que les puristes se rassurent : sous ces nouveaux habits, le Lada 4x4 ne perd rien de ses qualités. Dédaignant toujours l’électronique (pas d’aide à la descente, gamme courte et blocage du différentiel arrière manuels), il reste redoutable sur les terrains difficiles, voire très difficiles. Certes, le moteur 1.7 - 83 ch est parfois un peu court (127 Nm à 4 000 tr/mn) mais la garde au sol (22 cm) et les porte-à-faux très réduits permettent de passer à près partout, quitte à prendre un peu d’élan avant d’attaquer les montées ardues (jusqu’à 58 %, tout de même) ou les grosses ornières.

mérité son élévation au rang d’icône : un vrai franchisseur abordable et que ses défauts même rendent attachant. Sylvain LHOTE

 

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