L'Affaire Volkswagen : Quelles conséquences en France ?

Autovista

06 oct. 2015, Actualité

Alors que l’époque est à la dénonciation des méfaits du Diesel, l’« affaire Volkswagen » est tombée comme du pain bénit dans la bouche des détracteurs du gazole. Au-delà des cris d’orfraie, quelles peuvent être, sur le marché français, les conséquences des ennuis du groupe allemand ?

Rappelons d’abord que le scandale est d’ordre bien plus émotionnel que technique ou sécuritaire. Le fameux logiciel ne gêne pas le fonctionnement de la voiture, n’en diminue pas la fiabilité et ne met aucunement en danger les utilisateurs.

Mais, comme il l’a reconnu, Volkswagen a triché. Son image de sérieux et de probité va inévitablement en souffrir, tout comme ses finances. Le Groupe aurait ainsi perdu près de 35 % de sa valeur boursière depuis le début de la crise et sa réputation est désormais sérieusement entachée auprès du public. Quelles conséquences peut-on en attendre sur le marché français ?

Tout d’abord, il convient de faire la distinction entre les réactions à chaud et la réalité du marché. Dans ce but, Autovista, tout comme EurotaxGlass’s dans les autres pays où il est présent, a mis en place, dès le 17 septembre, un observatoire qui suit de près l’évolution des valeurs d’occasion sur les principaux marchés automobiles européens. Ces mesures sont révisées chaque semaine, et force est de constater que, pour le moment, le VW-Skandal n’a pas eu d’impact notable sur le comportement des marques du Groupe Volkswagen sur le marché VO français.

Sur la période allant du 17 septembre au 2 octobre, en Diesel, seul Škoda voyait ses valeurs de publication reculer de 0,11 % tandis que Volkswagen et Audi restaient stables (+ 0,03 % et + 0,01 % respectivement) tandis que Seat progressait de 0,35 %. En essence, c’est cette fois Seat qui est en léger recul (- 0,14 %) tandis qu’Audi (+ 0,23 %), Volkswagen (+ 0,15 %) et Škoda (+ 0,13 %) enregistraient une légère progression (cf. tableaux en annexes).

Il ne s’est pas encore passé grand-chose sur le front des valeurs de publication mais cela va-t-il durer ? Il est probable que le véritable impact reste à venir. Dans un communiqué du 29 septembre, Volkswagen a annoncé la mise en place d’un « plan d’action pour modifier ses véhicules équipés de moteurs Diesel EA 189 EU5 » incriminés. En France, cela pourrait concerner jusqu’à un million de véhicules des marques Audi, Seat, Škoda, Volkswagen et Volkswagen Utilitaires.

Une fois modifiés, ces véhicules pourraient notamment perdre en puissance et donc en performance. Ils deviendront donc moins attractifs sur le marché de l’occasion, d’autant que le soupçon pèse désormais sur eux. Si l’on y ajoute la mauvaise réputation désormais faite au Diesel en général, il semble probable que leur valeur de marché va baisser. Reste à savoir dans quelle mesure, même s’il ne faut pas oublier que les marques du Groupe Volkswagen restent fortes. Là encore, un suivi attentif et objectif des évolutions du marché peut seul donner une réponse fiable.

Autre point important : quelle vont être exactement la nature et la portée des décisions officielles ? Au niveau français, on évoque déjà une exigence de remboursement par Volkswagen du montant des bonus « écologiques » indûment perçus, étant précisé que le consommateur n’aura pas à en subir les conséquences. D’autres mesures vont-elle être prises vis-à-vis de ces véhicules, gênant leur revente ? Que va-t-il se passer pour les véhicules actuellement engagés en location longue durée ? À toutes ces questions, il est difficile d’apporter aujourd’hui une réponse sans se risquer à bâtir des scénarios qui pourraient être démentis dès demain.

Plus largement, on rappellera que le Diesel n’a pas attendu la révélation du scandale pour voir sa réputation ternie. La mise au pilori du gazole étant devenue le nouveau cheval de bataille des écologistes et de ceux qui se présentent comme tels, la fraude aux émissions du premier constructeur mondial n’est qu’un argument de plus dans leur lutte contre le Grand Satan automobile.

Il est cependant certain que l’avenir du Diesel sera bien plus tributaire des décisions politiques (« vignettes » mise en place en janvier prochain et excluant d’office tous les Diesel, restrictions ou interdictions de circulation dans Paris…) que des mésaventures d’un seul constructeur. Cette « passion française » est d’ailleurs déjà en recul : sur les huit premiers mois de 2015, la part du Diesel est tombée à 44,8 % dans les achats de véhicules particuliers neufs. Seules les sociétés restent indéfectiblement attachées au gazole (plus de 90 % de leurs achats) en raison des exonérations fiscales qui lui restent attachées. D’où, à terme, un risque de sérieux déséquilibre entre offre et demande sur le marché VO mais c’est une autre histoire…

Pour autant, tout cela va-t-il profiter aux énergies alternatives qui représentent actuellement moins de 5 % des ventes de véhicules neufs en France ? La relative faiblesse de l’offre n’y est sans doute pas pour rien mais elle témoigne de la comparable faiblesse de la demande. Quant à l’électrique, il peine toujours à trouver son marché, d’autant qu’il n’intéresse guère les sociétés. Aucun changement dans ces tendances n’est perceptible pour le moment.

 

Que le VW-Skandal ait un impact sur le marché automobile français et, plus ou moins par rebond, sur les autres constructeurs est pratiquement certain. Mais celui-ci, s’il doit venir, ne s’est pas encore produit. Sauf à se risquer dans une prospective hasardeuse, il est donc trop tôt pour se livrer à des réajustements sur les valeurs de marché et les valeurs futures des produits du Groupe Volkswagen. Seule une analyse neutre et objective, basée sur une observation attentive du marché, permettra d’y voir clair pour prendre les décisions adaptées. C’est là une tâche qu’Autovista et l’ensemble du Groupe EurotaxGlass’s se sont fixés de longue date et continueront d’assurer.

 

- FIN –

 

À propos d’Autovista, Membre d’EurotaxGlass’s Group

Depuis Octobre 2012, EurotaxGlass’s France est devenu Autovista, Membre d’EUROTAXGLASS’S GROUP.

EurotaxGlass’s est le leader européen de l’information et des solutions à destination du marché automobile. Fort de près de 80 ans d’expérience, il fournit des données sur les valeurs de marché à l’industrie automobile et aux acteurs associés au travers de 30 pays.

 

Contact : Adeline Julien

E adeline.julien@autovista.fr

 

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